Voici les 10 plats préférés des Français en 2025 : la raclette arrive en tête avec 23 % des suffrages (Ifop), suivie de la pizza, du poulet-frites, du couscous, du bœuf bourguignon, de la blanquette de veau, du magret de canard, de la paëlla et des lasagnes. Un classement qui a bien changé depuis 2016, notamment avec la chute spectaculaire du magret et la montée en puissance de plats plus conviviaux et accessibles.
🍽️ L’essentiel à retenir
Le magret dégringole
N°1 en 2016 à 48 %, il tombe à la 7e place avec seulement 8 % des suffrages aujourd’hui.
Les goûts s’élargissent
Pizza, couscous, lasagnes : des plats d’influence internationale s’installent durablement dans le top.
La convivialité prime
Les plats qui montent sont ceux que l’on partage facilement, sans chichis, en famille ou entre amis.
| Rang | Plat | Score | Source | Rang en 2016 |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Raclette | 23 % | Ifop | 3e (33 %) |
| 2 | Pizza | 21 % | The Fork | Absente |
| 3 | Poulet-frites | jusqu’à 19 % | Panel régional | Absent |
| 4 | Couscous | 15 % | OpinionWay | 8e (23 %) |
| 5 | Bœuf bourguignon | 13 % | OpinionWay | 4e (29 %) |
| 6 | Blanquette de veau | 10 % | OpinionWay | 5e (28 %) |
| 7 | Magret de canard | 8 % | Ifop | 1er (48 %) |
| 8 | Paëlla | 6 % | TripAdvisor | Absente |
| 9 | Lasagnes et pâtes | 5 % | The Fork | Absentes |
Le top 10 des plats préférés des Français
Voici chaque plat du classement détaillé, avec son histoire, son ancrage culturel et ce qui explique sa place dans les préférences des Français aujourd’hui.
1. La raclette (23 % — Ifop)

Originaire des alpages savoyards et suisses, la raclette s’est imposée comme le plat du rassemblement par excellence. Chaque hiver, ce sont 17 000 tonnes de fromage vendues en grande surface, et plus de 60 % des Français déclarent ne pas concevoir la saison froide sans elle. Son principe est simple : du fromage fondu, des pommes de terre, de la charcuterie. Pas de technique complexe, pas d’ingrédient introuvable. C’est précisément cette accessibilité totale qui fait sa force : tout le monde mange au même rythme, selon ses envies, et la soirée se prolonge naturellement.
2. La pizza (21 % — The Fork)
Plat le plus consommé en volume en France chaque année, la pizza devance même le jambon-beurre et les pâtes sur ce critère. Sa présence dans ce classement des préférences est significative : absente du top 10 en 2016, elle s’y installe aujourd’hui en deuxième position. Les Français ne la perçoivent plus comme un plat de dépannage mais comme un vrai choix gourmand, que ce soit en pizzeria, en livraison ou faite maison avec des produits de qualité.
3. Le poulet-frites (jusqu’à 19 % selon les régions)
Lui non plus n’apparaissait pas dans le classement de référence établi il y a une dizaine d’années. Le poulet-frites est pourtant devenu le plat du dimanche de toute une génération. Accessible, sans prétention, apprécié des enfants comme des adultes, il représente ce que les Français cherchent de plus en plus dans leur cuisine du quotidien : du goût sans complications. Sa popularité varie selon les régions, avec des scores particulièrement élevés dans le Nord et le Sud-Ouest.
4. Le couscous (15 %)
Passé de la 8e à la 4e place, le couscous est l’un des grands gagnants de l’évolution des goûts. D’origine maghrébine, il est aujourd’hui pleinement intégré à la culture culinaire française, au point d’être préparé à la maison, servi lors des repas de famille et décliné en version végétarienne par les nouvelles générations. Sa montée en puissance reflète une réalité : la gastronomie française a toujours su accueillir et s’approprier des influences extérieures.
5. Le bœuf bourguignon (13 %)
Ancien plat paysan né dans les cuisines de Bourgogne pour attendrir les morceaux de viande les moins nobles grâce à un long mijotage dans le vin rouge, le bœuf bourguignon est aujourd’hui le plat français le plus demandé par les touristes étrangers, aux côtés de la quiche lorraine et de la ratatouille. Sa stabilité dans le classement depuis dix ans dit quelque chose d’important : certains plats ne se démodent pas, ils s’ancrent.
6. La blanquette de veau (10 %)
La blanquette de veau tire son nom de la sauce blanche dans laquelle le veau mijote avec carottes, champignons et poireaux, liée à la crème et au citron. Servie traditionnellement avec du riz, elle incarne la cuisine bourgeoise française dans ce qu’elle a de plus rassurant. C’est un plat que l’on associe aux dimanches en famille, aux grands-mères, aux tablées longues. Ce registre mémoriel lui assure une fidélité transgénérationnelle solide.
7. Le magret de canard (8 %)
Il était n°1 absolu avec 48 % des suffrages dans le classement OpinionWay de référence. Aujourd’hui, le magret de canard se retrouve en septième position avec 8 %. La chute est réelle, mais elle ne signifie pas que le plat est boudé : il reste associé aux grandes occasions, aux repas festifs, au Sud-Ouest et au foie gras. Ce qui a changé, c’est la perception. Les Français lui préfèrent désormais des plats moins formels, plus faciles à partager au quotidien.
8. La paëlla (6 %)
Ancrée dans le Sud de la France par les influences méditerranéennes et espagnoles, la paëlla est avant tout un plat de fête et de partage. On la retrouve aux grandes tablées estivales, aux fêtes de village, aux repas en plein air. Sa préparation collective, souvent réalisée dans un grand plat sur feu de bois, contribue à son statut de plat convivial par excellence dans les régions où elle est enracinée.
9. Les lasagnes et pâtes (5 %)
Comme la pizza, les lasagnes et plats de pâtes étaient absents du classement il y a dix ans. Leur entrée dans le top 10 illustre l’ancrage durable de la cuisine italienne dans les habitudes françaises. Ce n’est plus de l’exotisme : c’est du quotidien. Les lasagnes en particulier occupent une place affective forte, souvent associées aux repas préparés à l’avance, réchauffés, partagés sans cérémonie.
Comment le classement des plats préférés des Français a-t-il évolué ?
Entre le classement de référence établi par OpinionWay pour Expedia et les données actuelles croisées, les écarts sont parfois spectaculaires. Voici ce que cette évolution révèle concrètement.
Du magret de canard à la raclette : un renversement spectaculaire
Le magret de canard cumulait alors 48 % des suffrages, un score sans équivalent dans l’histoire de ces sondages. La raclette, déjà troisième à 33 %, a progressivement capté l’attention d’un public plus large. Plusieurs autres évolutions méritent d’être notées :
- Le steak-frites et les tomates farcies, respectivement 9e et 10e, ont quitté le top 10
- Le couscous est passé de la 8e à la 4e place
- La pizza, le poulet-frites et les lasagnes sont entrés dans le classement sans y figurer auparavant
- Le bœuf bourguignon et la blanquette de veau ont globalement conservé leur rang, confirmant leur statut de valeurs sûres
Les grandes tendances qui expliquent ces changements de goûts
Ce n’est pas le hasard qui a redistribué les cartes. Plusieurs phénomènes se combinent pour expliquer cette évolution des habitudes culinaires françaises. La période de confinement a d’abord provoqué un retour massif aux plats réconfortants et faciles à préparer en famille. Dans le même temps, les réseaux sociaux ont accéléré la circulation des tendances : un plat filmé avec soin sur Instagram ou TikTok peut retrouver une popularité qu’il avait perdue depuis des années.
La montée du flexitarisme joue également un rôle : les plats qui intègrent facilement une version végétarienne (couscous, lasagnes, pizza) progressent naturellement. Enfin, les cuisines du monde ne sont plus perçues comme étrangères mais comme partie intégrante du répertoire culinaire français.
Quels sont les plats préférés des Français au-delà du top 10 ?
La gastronomie française ne se résume pas à dix plats, et les classiques régionaux restent profondément ancrés dans les préférences locales. La tartiflette savoyarde, créée dans les années 1980 pour promouvoir le reblochon, s’est imposée comme un incontournable de l’hiver montagnard. Le cassoulet de Castelnaudary ou de Toulouse, avec ses haricots blancs, son confit de canard et ses saucisses, reste un symbole fort du Sud-Ouest. La choucroute garnie alsacienne, le coq au vin bourguignon, la bouillabaisse marseillaise et le gratin dauphinois figurent régulièrement dans les sondages régionaux.
Du côté des recettes du terroir moins médiatisées mais tout aussi aimées, on trouve l’aligot de l’Aubrac avec sa texture filante incomparable, la galette bretonne au sarrasin, la ratatouille niçoise ou encore le hachis parmentier, qui doit son nom à Antoine Parmentier, défenseur de la pomme de terre au XVIIIe siècle. Ces plats illustrent la richesse d’une cuisine française régionale inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2010.
Pourquoi les Français sont-ils si attachés à ces plats ?
Ce qui unit la plupart des plats de ce classement, ce n’est pas la sophistication. C’est la table. Une raclette, un couscous, un bœuf bourguignon : ces plats appellent le partage, la durée, la conversation. Les Français mangent moins vite que la moyenne européenne et accordent à la table une valeur sociale que d’autres cultures attribuent à d’autres rituels. Le repas n’est pas un ravitaillement, c’est un moment.
Les plats préférés sont aussi, très souvent, des plats de l’enfance. La blanquette de la grand-mère, le couscous du vendredi soir, le poulet du dimanche : ces associations affectives résistent au temps et aux modes. C’est pourquoi des recettes centenaires côtoient sans problème des plats d’influence italienne ou maghrébine dans ce même classement. La cuisine française a toujours fonctionné par absorption et adaptation, intégrant ce qui lui convient sans perdre son identité propre. Le couscous dans le top 5 en est la preuve la plus récente, et sans doute pas la dernière.


