La recette des bugnes lyonnaises moelleuses et croustillantes

recette des bugnes lyonnaises

Les bugnes lyonnaises se préparent en deux versions bien distinctes : moelleuses avec de la levure de boulanger, ou croustillantes avec une pâte fine et peu de levure. Les deux recettes se réalisent à la maison sans matériel professionnel, à condition de respecter quelques étapes précises, notamment le temps de repos de la pâte et la température de friture. Voici tout ce qu’il faut savoir pour les réussir du premier coup, que vous optiez pour une texture aérée ou une bugne fine et dorée.

Critère Bugnes moelleuses Bugnes croustillantes
Levure Levure de boulanger (fraîche ou déshydratée) Levure chimique ou aucune levure
Farine T45 T55
Épaisseur de pâte 3 à 5 mm La plus fine possible
Temps de repos 2h30 à 3h minimum (ou nuit au frigo) 1 à 2h au frais
Cuisson 1 min par face à 170°C Quelques secondes à 170°C
Résultat Gonflées, tendres, aérées Légères, dorées, craquantes

🍩 L’essentiel à retenir

Bugnes réussies = pâte bien travaillée + repos respecté + friture à 170°C
⏱️

Le repos, étape clé

Sans repos suffisant, la pâte se rétracte et les bugnes durcissent à la cuisson.

🌡️

170°C, pas plus

Au-dessus de 180°C, l’extérieur brûle avant que l’intérieur soit cuit.

🧈

Le beurre en dernier

L’ajout du beurre après pétrissage garantit une pâte élastique et des bugnes moelleuses.

À savoir : La version moelleuse avec levure de boulanger est la plus représentative de la tradition lyonnaise. La version croustillante, plus proche des oreillettes du Sud, est appréciée pour sa finesse.

Bugnes moelleuses ou croustillantes, quelle version choisir ?

La différence entre les deux versions tient essentiellement à la levure utilisée et à l’épaisseur de la pâte. Les bugnes moelleuses reposent sur de la levure de boulanger, qui provoque une fermentation lente et développe des arômes plus complexes. La pâte, proche d’une brioche légère, gonfle à la cuisson et donne des bugnes aérées avec un coeur tendre.

Les bugnes croustillantes, elles, utilisent de la levure chimique (ou aucune levure) et une pâte étalée le plus finement possible. Le résultat est radicalement différent : des beignets plats, légers, qui deviennent translucides et craquants après quelques secondes dans l’huile. Cette version se rapproche des oreillettes que l’on trouve dans le Sud de la France.

Si vous voulez retrouver le goût de la recette de bugnes lyonnaises traditionnelle, optez pour la version moelleuse. Si vous préférez une bugne plus légère en bouche, facile à grignoter, la version croustillante vous conviendra mieux. Les deux se préparent avec les mêmes arômes de base : fleur d’oranger, zestes d’agrumes ou rhum.

Quels ingrédients pour les bugnes lyonnaises ?

Les deux versions partagent une base commune, mais quelques différences de proportions et de types d’ingrédients changent vraiment le résultat final. Voici les listes précises pour chaque recette, pour environ 40 pièces.

Pour les bugnes moelleuses

Cette version demande une farine T45, plus fine, qui favorise un réseau de gluten souple et léger, adapté à la levure de boulanger.

  • 300 g de farine T45
  • 3 oeufs entiers
  • 80 g de beurre mou à température ambiante
  • 60 g de sucre en poudre
  • 5 g de sel fin
  • 5 g de levure de boulanger fraîche (ou 2 g de levure déshydratée)
  • Arôme au choix :
    • 5 cl de fleur d’oranger + zestes d’un citron (version lyonnaise classique)
    • 2 cuillères à soupe de rhum + zestes d’orange
    • 1 cuillère à café de vanille liquide (version douce pour les enfants)
  • Huile neutre pour la friture
  • Sucre glace pour la finition
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Pour les bugnes croustillantes

La règle de base pour la version croustillante : le poids de farine représente environ le double du poids d’oeuf sans coquille. Cette proportion garantit une pâte ferme qui s’étale très finement sans se déchirer.

  • 200 g de farine T55
  • 1 oeuf (environ 55 g sans coquille)
  • 30 g de beurre mou
  • 15 g de sucre blond
  • 1 pincée de sel
  • Zestes d’une clémentine ou d’une orange
  • 1 cuillère à soupe de rhum (optionnel)
  • Huile d’arachide ou végétaline pour la friture
  • Sucre glace pour la finition

Comment préparer la pâte à bugnes lyonnaises ?

La préparation de la pâte est l’étape qui conditionne la texture finale des bugnes. Le pétrissage doit être suffisamment long pour développer le réseau de gluten, ce qui permet à la pâte de supporter la chaleur de l’huile sans se déchirer et de retenir les bulles d’air générées par la levure. Le beurre s’incorpore toujours en dernier, une fois que la pâte est déjà élastique.

Au robot pâtissier

Le robot facilite grandement le pétrissage et garantit un résultat homogène. Voici les étapes pour la version moelleuse.

  • Émiettez la levure dans le bol du robot et versez les oeufs battus par-dessus.
  • Couvrez avec la farine, ajoutez le sucre, le sel et les arômes choisis.
  • Pétrissez à basse vitesse pendant 2 minutes, puis passez à vitesse moyenne pendant 13 minutes.
  • La pâte doit se détacher des parois et s’enrouler autour du crochet. Si elle reste collée au fond, ajoutez un peu de farine, une cuillère à la fois.
  • Arrêtez le robot, ajoutez le beurre mou coupé en petits dés.
  • Pétrissez à nouveau 5 à 10 minutes jusqu’à disparition complète du beurre. La pâte reste légèrement collante, c’est normal.

À la main

Sans robot, le pétrissage demande un peu plus d’effort mais le résultat est tout à fait comparable. L’essentiel est de ne pas céder à la tentation d’ajouter trop de farine.

  • Dans un grand saladier, mélangez la levure délayée dans les oeufs avec la farine, le sucre, le sel et les arômes.
  • Travaillez la pâte jusqu’à former une boule grossière, puis posez-la sur le plan de travail.
  • Pétrissez pendant 10 minutes en étirant la pâte vers vous sans la déchirer, puis repliez-la sur elle-même. Répétez.
  • Incorporez le beurre progressivement, en petits dés, en pétrissant bien entre chaque ajout.
  • La pâte se décolle du plan de travail quand elle est prête.

Pourquoi le temps de repos est-il non négociable ?

Le repos de la pâte est l’étape que beaucoup court-circuitent, souvent parce que les recettes ne l’expliquent pas assez clairement. Pourtant, c’est ce qui sépare des bugnes réussies d’une pâte qui se rétracte dès qu’on la découpe et durcit à la cuisson.

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Pour la version moelleuse avec levure de boulanger, il faut compter deux phases de repos. La première, appelée pointage, dure au minimum 1h30 à température ambiante, pâte recouverte d’un film alimentaire au contact. Mieux encore : une nuit complète au réfrigérateur, ce qui ralentit la fermentation et développe davantage les arômes. Après le façonnage, une seconde levée de 20 à 30 minutes est nécessaire pour que les bugnes regonflent avant de plonger dans l’huile.

Pour la version croustillante, pas de levure donc pas de fermentation. Mais le repos au frais pendant 1 à 2 heures reste indispensable pour que le gluten se détende. Sans ce repos, la pâte se rétracte immédiatement à la découpe et les losanges reprennent leur forme initiale dès qu’on les pose.

En pratique, la version moelleuse demande entre 2h30 et 3h de repos au total. Si vous préparez la pâte la veille au soir, vous n’avez plus qu’à façonner et frire le lendemain matin.

Comment réussir la cuisson des bugnes lyonnaises à la friture ?

La friture est l’étape qui intimide le plus, mais elle se maîtrise avec deux paramètres simples : la bonne huile et la bonne température. Le reste est une question d’organisation.

Quelle huile choisir et à quelle température

Bain de friture doré avec bugnes lyonnaises croustillantes

Trois huiles conviennent bien à la friture des bugnes lyonnaises. Chacune a ses caractéristiques propres.

  • Huile de tournesol : la plus accessible, goût neutre, point de fumée suffisant pour 170°C.
  • Huile d’arachide : recommandée par la Fondation Paul Bocuse pour ce type de beignet, point de fumée élevé, léger goût de noisette qui se marie bien avec les arômes de la pâte.
  • Végétaline (graisse végétale solide) : idéale pour les bugnes croustillantes, favorise un résultat particulièrement sec et craquant, réutilisable plusieurs fois.

L’huile d’olive est à éviter. Son point de fumée est trop bas pour une friture stable à 170°C et son goût prend le dessus sur les arômes de la pâte.

La température idéale est de 170°C. En dessous de 160°C, les bugnes absorbent l’huile et deviennent grasses. Au-dessus de 180°C, la surface colore trop vite et l’intérieur reste insuffisamment cuit. Si vous n’avez pas de thermomètre, plongez un petit morceau de pâte dans l’huile chaude : il doit remonter rapidement entouré de petites bulles régulières, sans fumer.

Le façonnage et la technique de cuisson pas à pas

Étalez la pâte sur un plan de travail bien fariné, en retournant régulièrement pour une épaisseur uniforme. Visez 3 à 5 mm pour les bugnes moelleuses, le plus fin possible pour les croustillantes. Découpez des losanges d’environ 6 cm sur 3 cm avec une roulette cannelée pour obtenir le bord festonné traditionnel. Pensez à enlever l’excédent de farine au pinceau avant la cuisson pour éviter les dépôts dans l’huile.

Pour la forme classique en noeud, faites une incision au centre de chaque losange et passez l’un des coins à travers l’ouverture. Cette étape est purement esthétique, vous pouvez tout à fait laisser les losanges plats si vous préférez aller plus vite.

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Pour la cuisson :

  • Faites chauffer l’huile à 170°C dans une friteuse ou une grande casserole avec au moins 2 litres d’huile.
  • Plongez les bugnes par petites fournées d’une dizaine de pièces maximum pour maintenir la température.
  • Version moelleuse : environ 1 minute par face, retournez à mi-cuisson avec une écumoire.
  • Version croustillante : quelques secondes suffisent, elles remontent très rapidement et dorent vite.
  • Égouttez sur du papier absorbant et saupoudrez de sucre glace immédiatement.

Comment garder les bugnes moelleuses et éviter les erreurs classiques ?

Les bugnes se dégustent idéalement le jour même, encore tièdes. Mais avec quelques précautions, elles restent tout à fait bonnes plusieurs heures après la cuisson.

Conservation et réchauffage

La règle principale : ne jamais les mettre au réfrigérateur. Le froid accélère le rassissement et les bugnes deviennent dures et sèches en quelques heures. Conservez-les à température ambiante, dans une boîte hermétique ou sous un torchon propre. Ne les empilez pas quand elles sont encore chaudes, elles ramollissent et se collent entre elles.

Si vous souhaitez les préparer à l’avance, la meilleure option est de congeler la pâte crue après le premier repos, avant le façonnage. Vous pouvez aussi congeler les bugnes cuites, sans sucre glace, et les repasser 5 minutes au four à 150°C avant de les servir avec un nouveau saupoudrage de sucre glace.

Les erreurs qui font rater les bugnes

La plupart des échecs viennent d’une poignée d’erreurs récurrentes, faciles à éviter une fois qu’on les connaît.

  • Friture trop chaude (au-delà de 180°C) : l’extérieur brûle avant que l’intérieur soit cuit.
  • Repos ignoré : la pâte se rétracte à la découpe et les bugnes ressortent dures.
  • Bain trop chargé : la température de l’huile chute, les bugnes absorbent le gras et deviennent lourdes.
  • Trop de farine ajoutée en cours de pétrissage : la pâte perd son élasticité et les bugnes sèchent.
  • Farine non essuyée avant friture : elle se dépose dans l’huile et finit par brûler, ce qui noircit les beignets suivants.
  • Bugnes croustillantes étalées trop épais : elles perdent leur légèreté et ressemblent à des beignets ordinaires.

Un dernier point souvent négligé : la qualité du beurre. Un beurre de bonne qualité, bien à température ambiante au moment de l’incorporation, fait une différence réelle sur la texture finale de la pâte à bugnes lyonnaises. C’est un détail que les versions de référence de Christophe Felder et de Cyril Lignac ont en commun : ni beurre froid, ni beurre fondu, mais un beurre pommade qui s’intègre progressivement à une pâte déjà structurée.

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Mathieu Laborne

Pour moi, bien manger commence chez le producteur d'à côté, pas dans les rayons d'un supermarché. Sur Primeur Express, je partage des recettes maison toutes simples, des nouvelles des maraîchers et artisans du coin, et de quoi remplir son panier en circuit court autour de Nantes. Rien de compliqué : des produits de saison, des gestes faciles et l'envie de remettre un peu de bon sens dans nos assiettes. Je cuisine comme tout le monde, avec ce que j'ai sous la main. Et je suis convaincu que le local, c'est meilleur, à tous les sens du terme.

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